Municipales 2020 et numérique : qui sont les plus écolo ?

Comme à chaque élection, les listes candidates ont pour la plupart mis en place des sites internet de campagne pour présenter leur programme et leurs candidat⋅es. Alors que l’écologie est devenue — enfin — un sujet central, qu’en est-il de l’impact environnemental des sites électoraux ?


A l’occasion des élections municipales 2020, NOUS avons évalué l’efficacité écologique des sites de campagne des principales listes qui concourent à l’élection dans les 20 plus grandes villes de France, soit 71 sites testés.

Nous avons utilisé pour cette étude l’outil communautaire ecoindex.fr, qui évalue la performance et l’empreinte environnementale des sites pour produire une note (de A à F) et un indice de performance, de 0 à 100.

Un site écologique, c’est pas automatique

A première vue, c’est clairement la déception : l’impact écologique des sites n’est pratiquement pas pris en compte. La performance moyenne globale des sites est mauvaise, puisqu’elle s’établit à 42,1 sur 100, soit l’équivalent d’un “D” dans la notation ecoindex.fr

Pour autant, le détail des résultats obtenus montre une grande diversité des situations dans l’appréhension de l’impact écologique.

Ainsi, sur les 71 sites testés, un seul obtient la note ‘A’ (les écologistes de Bordeaux), et 14 un ‘B’, soit 21% des sites seulement.

A l’opposé, en bas du classement, on trouve 30 sites — soit plus de 42% des sites — dont 17 en ‘E’ et 13 en ‘F’.

Dispersion des notes des 71 sites testés

Classement des villes

Si Paris est la ville qui possède la meilleure moyenne, avec un score de 58,3 tous partis confondus, à l’autre bout du classement Grenoble ferme la marche, avec seulement 20,2 de moyenne.

Ce classement semble ainsi refléter une meilleure prise en compte des critères écologiques dans les pratiques des professionnels, puisque les sites des listes parisiennes ont tous été réalisés par des Agences spécialisées dans le numérique, tandis que les sites des villes du bas de tableau ont pour la plupart été réalisés par des bénévoles.

Classement des villes par moyenne d’indice

Les écologistes sont les plus écologistes

Lorsqu’on observe la situation par tendance politique, les écologistes décrochent la meilleure moyenne avec un indice moyen de 53,96 (soit un ‘C’). Les 3 autres formations politiques —clairement distancées —  obtiennent un “D”.

Les écologistes sont à plus de 13 points devant les autres partis

La situation est encore plus nette lorsqu’on observe le classement général : les listes écologistes s’arrogent 12 des 20 premières places, alors qu’ils ne placent que 4 sites dans les 20 derniers du classement.

Le numérique doit encore faire sa transition écologique

Au final le tableau est sombre, mais le constat est clair : à part pour les écologistes, l’impact environnemental du numérique reste un voeu pieux.

En 2020, on peut ainsi encore trouver (vers Rennes…) un site avec une page d’accueil de 26 Mo, qui mettra plusieurs secondes à s’afficher, même avec la meilleure 4G, et plusieurs minutes avec un ADSL standard !

Pourtant, si la route semble longue, quelques optimisations simples peuvent permettre en quelques clics d’améliorer considérablement la situation…

NOUS avons — pour notre part — publié des articles à ce sujet et continuerons à le faire.

De leur côté, les éditeurs de logiciels se penchent également sur la question, puisque WordPress et Firefox ont annoncé à quelques semaines d’intervalle leur intention d’intégrer certaines technologies nativement dans leurs solutions.

Reste qu’aujourd’hui c’est avant tout sur les concept⋅rices de sites et les webmast⋅rices que tout repose : les bonnes pratiques doivent devenir un réflexe des professionnel⋅les comme des amat⋅rices.
Optimiser les images, simplifier les pages, limiter le recours aux gadgets animés et aux effets “juste pour faire joli”. 

A ce titre, le rôle de plus en plus central joué par les démarches UX/UI dans les projets numériques est une bonne nouvelle, qui pourrait annoncer une généralisation des pratiques d’éco-conception dans les prochaines années.

On peut enfin s’interroger sur le rôle de la législation : alors que depuis 2010 seul le matériel électoral fabriqué avec du papier recyclé est remboursé aux candidat⋅es, aucun encadrement de cette sorte n’existe en ce qui concerne le numérique. 

Une piste pour une démocratie exemplaire ?


Méthodologie :
Les résultats ont été collectés entre le 20 février et le 12 mars 2020, ils reflètent le score des sites au moment de l’analyse. Si vous testez à nouveau les sites, les résultats peuvent varier en raison des mises à jour éditoriales qui auront pu avoir lieu depuis.
Afin de pouvoir synthétiser les résultats et permettre une présentation claire, nous avons limité l’analyse aux listes soutenues par LREM, LR, PS, EELV, qui rassemblent la grande majorité des têtes de listes déclarées et sont présentes dans les villes analysées.

Les données brutes de l’étude sont disponibles en téléchargement : etude-sites-municipales2020.csv


Qui sommes-NOUS ?

NOUS, Ouvert, Utile et Simple sommes une agence numérique écologique créée en 2014, installée à Nantes et Toulouse.
Nous avons réalisé cette étude pour évaluer l’état de l’art sur le sujet, et avons choisi d’en partager les résultats pour aider les professionnel⋅les et les amat⋅rices à s’emparer du sujet, et diffuser quelques bonnes pratiques.

NOUS avons réalisé plusieurs sites de listes candidat⋅es écologistes, dont notamment ceux de Paris, Nantes, Angers et Le Havre qui apparaissent dans cette étude.

A lire ailleurs :

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Fred Neau - 13 mars 2020